Le Résumé
© 2010 Guy Spielmann
 
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INTRODUCTION

        La technique du résumé n'est pas facile à maîtriser, mais elle est néanmoins l'une des plus utiles pour l'étudiant parce qu'elle met en œuvre un certain nombre d'aptitudes fondamentales dans n'importe quel domaine, académique ou professionnel, où il faut interpréter des textes de façon systématique, efficace et rigoureuse:

  • La compréhension: avant de pouvoir résumer un texte, il faut l'avoir bien compris
  • L'analyse: pour résumer, il faut extraire du texte les idées principales.
  • La synthèse et la rigueur: pour bien résumer, il faut distinguer l'essentiel du secondaire et du superflu, et l'exprimer de manière concise sans toutefois en dénaturer le sens.
  • Le sens de l'équilibre: un bon résumé reflète fidèlement l'importance des divers éléments du texte d'origine.
  • Le sens de l'organisation et de l'articulation: un bon résumé doit montrer de façon très claire et très efficace—parfois plus que le texte d'origine—comment les idées ou les arguments s'enchaînent.
  • La manipulation du langage: le résumé doit exprimer les idées d'un texte sans se limiter à fournir un collage de phrases qui en sont extraites. Il doit être à la fois original dans la forme, et conforme dans le fond.

Il s'agit donc de réécrire dans ses propres mots le texte de départ, en préservant l'essentiel de l'information qu'il véhicule, tout en le condensant à environ 25% de son volume original.


Stratégies de base pour faire un bon résumé

1.  Avant de commencer le résumé, soyez sûr de bien comprendre le texte.

     Cela implique de l'avoir attentivement lu, et d'avoir cherché à élucider le vocabulaire ou les structures qui posent problème: si vous ne comprenez pas le texte, votre résumé sera incompréhensible, ou du moins incohérent.
     Attention au «truc» qui consiste à reproduire dans le résumé certaines phrases ou formules du texte que vous ne saisissez pas, mais dont vous sentez qu'elles doivent être importantes (c'est le «démarquage»), dans l'espoir de donner au correcteur l'illusion que vous les avez comprises. Non seulement le correcteur détectera assez facilement votre subterfuge, mais il vous pénalisera lourdement.

Le résumé est donc d'abord un exercice de lecture systématique.

2.  Découpez le texte.

     Chaque texte contient un nombre limité d'idées principales, qui sont exposées et développées dans une «partie» que vous pouvez délimiter au crayon sur la page. Idéalement, et surtout dans un texte très court ou très dense, chaque paragraphe peut correspondre à une idée nouvelle. La plupart du temps, toutefois une même idée est développée, dans plusieurs paragraphes, notamment à l'aide d'exemples, d'explications, de précisions, voire de reformulations.
     C'est à vous de reconstituer la structure, le plan du texte de départ—travail qui doit suivre immédiatement la lecture, et précéder la rédaction du résumé. Une excellente stratégie consiste à visualiser ce plan par un schéma que vous noterez sur une feuille de papier séparée (qui vous servira de référence), en indiquant avec des cadres, des numéros, des lignes, des flèches, etc. les relations entre les divers élements dont le texte est composé. Voir ici un exemple de plan visuel.

Il est indispensable d'avoir dégagé le plan du texte de départ avant de commencer à rédiger votre résumé.

3.  Identifiez et (re)formulez les idées principales.

     A chaque partie correspond une idée (une notion, un argument, une proposition) qui peut se formuler en une phrase. Il ne s'agit pas simplement d'extraire du texte une phrase qui exprime exactement telle ou telle idée, mais de produire vos propres phrases.

Le résumé est aussi un exercice de réécriture

Après avoir ainsi établi le «squelette» du texte, relisez ce dernier pour vérifier que vous en avez bien retenu toutes les idées principales, mais aussi que les idées que vous avez retenues sont bien les principales. Il faudra donc aussi indentifier les éléments secondaires, qui seront éventuellement à retenir selon le nombre de mots qui vous sont alloués, et les éléments superflus, qui seront forcément exclus.

C'est à vous de hiérarchiser les éléments qui composent le texte de départ pour ne retenir que ceux qui sont essentiels

4.  Organisez les idées principales.

     Si l'auteur est compétent, son texte sera bien organisé et votre travail facilité d'autant! Toutefois, le résumé exige parfois de réorganiser les idées pour pouvoir les présenter de façon plus efficace, c'est-à-dire aussi sans répétitions, et en utilisant des connecteurs et des transitions claires et logiques. Une telle réorganisation peut s'avérer nécessaire même si le texte de départ est bien construit, simplement du fait de la forte réduction que le résumé implique. Les transitions expliciteront—parfois plus que l'original—les rapports de cause, de conséquence, de but, de concession, de contraste, de restriction, d'équivalence, etc, qui lient les divers éléments du texte.

La structure du texte de départ doit parfois être explicitée plus manifestement dans le résumé.

5.  Respectez les proportions de l'original.

     En lisant le texte, essayez d'attribuer un pourcentage à chaque partie, et faites en sorte que ce pourcentage soit respecté dans le résumé, ce qui vous aidera également à ne pas omettre l'une des parties.
    Attention néanmoins de ne pas opérer une simple réduction paragraphe par paragraphe, puisque certains passages du texte qui ne couvrent pas de points essentiels (les exemples, les illustrations notamment) ne seront pas résumés du tout.

Tout en respectant les proportions de l'original, le résumé ne reprend pas forcément la même division en paragraphes.

6.  Evitez les questions.

     Une question posée dans le texte de départ, si elle en constitue un élément fondamental, doit se traduire par une formule au discours indirect («on se demande si...», «il n'est pas certain que», «la question de savoir si... reste posée», etc.). De préference, on rendra les questions par une reformulation qui conserve le sens de ce qui est demandé, mais non la structure interrogative.

7.  Limitez soigneusement les citations et les emprunts.

     Même si l'auteur a parfaitement résumé ses propres idées dans des formules si condensées et si précises que toute paraphrase vous semble en dénaturer le contenu, il vous incombe de synthétiser et de récrire le texte. Bien qu'il soit nécessaire de reprendre certain mots clefs, voire certaines expressions, il ne faut pas chercher à éluder le problème en citant simplement des propositions ou des phrases entières (effet de «collage» ou de «démarquage»).
      D'ailleurs, hors de leur contexte, certains fragments peuvent n'avoir plus de sens, ou poser des problèmes de syntaxe lorsqu'on cherche à les insérer dans une phrase différente de celle dont on les a tirés. A moins d'être absolument certain qu'un fragment fonctionnera de la même façon dans un nouveau contexte, il vaut mieux reformuler l'idée que de risquer l'incohérence. Ceci est particulièrement vrai lorsque le sens d'un fragment dépend d'un référent qui ne figure plus dans le nouveau contexte.
     La méthode la plus sûre revient à éliminer par principe toute citation, sauf lorsque l'auteur a crée une formule extrèmement originale dont la forme même constitue un élément inaliénable du sens. C'est aussi le cas pour les formules passées à la postérité («Je vous ai compris!» de De Gaulle) ou qui sont lexicalisées («Pays ayant en commun l'usage du francais»). Attention aussi aux mots ou expressions employés de manière figurative ou néologique: s'ils vous semblent absolument indispensables, utilisez-les entre guillemets; sinon, utilisez un synonyme ou une périphrase.
     Ceci dit, ne tombez pas dans le défaut inverse qui consiste, sous prétexte de bannir les emprunts, à utiliser des synonymes ou à reformuler des séquences de mot qu'il est préférable de reprendre tels quels, tout simplement parce qu'il n'y a pas de meilleur moyen d'exprimer ce qu'elles expriment.

Les citations et les emprunts du texte de départ sont à proscrire, sauf si leur forme a une valeur particulière qu'il est indispensable de préserver.

8.  Il est inutile de préciser que les idées sont celles de l'auteur.

     Ce qui figure dans un résumé est, ipso facto et implicitement, attribuable à l'auteur du texte original. Votre propre voix doit s'effacer entièrement derrière la sienne, d'autant plus que vous n'êtes pas censé offrir de commentaire ni votre propre vision des choses, mais seulement refléter du mieux possible ce que l'auteur a dit.

Le résumé ne doit porter aucune trace de votre intervention.